Formats de sous-titres broadcast : TTML, EBU-TT-D, IMSC1, STL et SCC
Mis à jour le 8 octobre 2026
Choisir un format de sous-titres ne relève pas du goût mais de la destination : une régie de diffusion, une plateforme de streaming et un lecteur web n'acceptent pas les mêmes fichiers. Voici ce que chaque format professionnel résout, d'où il vient, et ce qui se perd quand on passe de l'un à l'autre.
Un format se choisit par destination
Trois mondes coexistent. La diffusion linéaire, avec ses régies, ses systèmes de playout et le télétexte, repose sur des formats anciens et compacts. La distribution sur IP, en DASH, HLS ou HbbTV, s'appuie sur des profils XML dérivés de TTML. Le web et la post-production, enfin, se contentent souvent de SRT et de WebVTT.
Dans tous les cas, la règle qui prime est le cahier de livraison du destinataire : il fixe le format, mais aussi le profil exact, la cadence, le jeu de caractères et les contraintes de mise en forme. Le tableau ci-dessous donne les repères ; le cahier de livraison tranche.
| Format | Nature | Référence | Usage principal |
|---|---|---|---|
| TTML | XML | W3C TTML1 (2010), TTML2 (2018) | Base commune des formats XML, échange et archivage |
| EBU-TT-D | XML, profil de TTML | EBU Tech 3380 | Distribution sur IP en Europe : DVB-DASH, HbbTV |
| IMSC1 | XML, profil de TTML | W3C IMSC1 (2016) | Streaming : CMAF, HLS, DASH |
| EBU STL | Binaire | EBU Tech 3264 (1991) | Échange entre diffuseurs et laboratoires, télétexte, playout |
| SCC | Texte hexadécimal | CEA-608 | Closed captions des diffuseurs nord-américains |
TTML et la famille EBU-TT
TTML (Timed Text Markup Language) est le format XML du W3C pour le texte temporisé, publié en 2010 et complété par TTML2 en 2018. On le croise encore sous le nom de DFXP, celui de son premier profil. TTML est très riche : positionnement, styles, régions, métadonnées. Cette richesse est aussi sa faiblesse, car deux lecteurs peuvent rendre différemment un même fichier. D'où les profils, qui en figent un sous-ensemble.
L'Union européenne de radio-télévision (UER, ou EBU) en a défini deux. EBU-TT Part 1 (EBU Tech 3350) sert à la production, à l'échange et à l'archivage. EBU-TT-D (EBU Tech 3380, publiée en 2015) est le profil allégé destiné à la distribution vers le public sur IP. C'est lui que la norme DVB-DASH (ETSI TS 103 285) impose pour les sous-titres, et que les téléviseurs HbbTV 2.0 doivent savoir lire.
IMSC1, le profil du streaming
IMSC1 (TTML Profiles for Internet Media Subtitles and Captions) est le profil de TTML normalisé par le W3C en 2016 pour la vidéo en ligne, en deux variantes : texte et image. Il encadre le positionnement, la typographie et les couleurs pour que le rendu ne dépende pas du lecteur. Le format CMAF (ISO/IEC 23000-19) le retient pour les pistes de sous-titres, et Apple le prend en charge dans HLS depuis 2017. Les versions 1.1 et 1.2 ont suivi.
IMSC1 et EBU-TT-D sont proches : la version 1.0.1 d'EBU-TT-D a même repris deux fonctionnalités d'IMSC pour améliorer la compatibilité. Mais chaque plateforme publie ses propres exigences. Netflix, par exemple, demande du TTML1 et n'accepte IMSC 1.1 que pour le japonais à ce jour. D'où l'importance de lire le cahier de livraison plutôt que de supposer.
EBU STL, le format historique des diffuseurs
EBU STL (EBU Tech 3264, 1991) appartient à l'autre monde : celui du fichier binaire, du télétexte et des régies. Un fichier STL commence par un bloc d'informations générales (GSI, 1 024 octets : programme, langue, jeu de caractères, cadence), suivi d'un bloc TTI de 128 octets par sous-titre, avec les timecodes d'entrée et de sortie, la position et 112 octets de texte.
Ses champs de longueur fixe limitent la mise en forme, mais STL reste très présent dans les échanges entre diffuseurs, laboratoires de sous-titrage et systèmes de playout. La correspondance entre STL et EBU-TT est elle-même normalisée (EBU Tech 3360), ce qui facilite les migrations.
SCC, le cas nord-américain
SCC (Scenarist Closed Caption) transporte des sous-titres CEA-608, la norme de closed captioning héritée de la ligne 21 du signal analogique nord-américain. Il n'encode pas du texte lisible mais des paires d'octets hexadécimaux, les commandes destinées au décodeur du téléviseur, regroupées en lignes qui commencent chacune par un timecode SMPTE à 29,97 images par seconde. Illisible hors de son écosystème, il reste incontournable dès qu'une livraison vise un diffuseur des États-Unis ou du Canada.
Les pièges de conversion
Passer d'un format à l'autre est courant, et c'est là que les erreurs s'installent :
- La cadence. STL et SCC comptent en images, TTML et ses profils souvent en temps média. Un programme européen à 25 images par seconde livré en SCC exige de recalculer chaque timecode en 29,97.
- Le jeu de caractères. STL déclare sa table de caractères dans le bloc GSI : une mauvaise table, et les accents français deviennent des symboles.
- La mise en forme. D'un format riche vers un format pauvre, positions et couleurs se perdent. L'inverse ne les crée pas : un SRT converti en TTML reste sans style.
- Les couleurs du sous-titrage sourds et malentendants. En France, la charte de qualité établie par le CSA (aujourd'hui l'Arcom) en 2011 code l'information par la couleur : blanc pour un locuteur visible, jaune hors champ, rouge pour les indications sonores, magenta pour la musique, cyan pour les pensées ou la voix off, vert pour une langue étrangère. Seuls les formats qui portent la couleur, comme les profils de TTML ou STL, la conservent.
- La longueur des lignes. Le télétexte limite une ligne à 40 caractères : un sous-titre conçu pour le web peut devoir être redécoupé.
- Le profil exact. Un fichier TTML valide n'est pas forcément un EBU-TT-D ou un IMSC1 valide : il se valide contre le profil demandé.
Ce que fait OnAirText
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Questions fréquentes
Quelle différence entre EBU-TT et EBU-TT-D ?
EBU-TT Part 1 (EBU Tech 3350) est un format riche, conçu pour la production, l'échange entre professionnels et l'archivage. EBU-TT-D (EBU Tech 3380) en est un sous-ensemble allégé, destiné à la distribution des sous-titres vers le public sur IP, notamment en DVB-DASH et HbbTV.
Un fichier IMSC1 est-il accepté là où l'on demande de l'EBU-TT-D ?
Pas automatiquement. Les deux profils de TTML sont proches et un document simple peut satisfaire les deux, mais chacun a ses contraintes. Validez le fichier contre le profil exact exigé par le destinataire.
Peut-on convertir un fichier STL en TTML ?
Oui. La correspondance entre STL et EBU-TT est décrite par la spécification EBU Tech 3360. Les points à surveiller sont le jeu de caractères déclaré dans le bloc GSI et la cadence des timecodes.
Quel format pour un sous-titrage sourds et malentendants en France ?
La charte de qualité de l'Arcom fixe des règles de lisibilité, de placement et de couleurs, pas un format de fichier. Le format dépend du cahier de livraison du diffuseur ; il doit simplement pouvoir porter les couleurs, ce que font les profils de TTML et STL, et non SRT.
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